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Oeuvre de charité au Brésil

La matinée était fraîche, et notre petit groupe était déjà prêt à 6 h 45 pour se rendre au Centre « Grupo de Fraternitade Euripedes Barsanulfo » à Belo Horizonte, afin de participer à la préparation des repas pour les pauvres.

Dès 7 heures, nous arrivâmes dans les locaux du centre, situé sur deux niveaux, où le rez-de-chaussée était consacré entièrement à la préparation des repas. Une petite équipe de bénévoles était déjà à pied d’œuvre. Dans une pièce voisine, des cagettes de légumes, des sacs de petits pains, des vêtements attendaient d’être triés par toute l’équipe.

Notre petit groupe de Français fut accueilli avec chaleur et fraternité. Certains furent surpris de nous voir arriver, d’autres étaient déjà informés de notre présence au Brésil. Nous fûmes très émus par l’esprit fraternel et dévoué de ces bénévoles au service de la charité.

La première tâche de cette édifiante matinée consista à couper les nombreux légumes. De fragiles ustensiles à découper en petits cubes furent mis à notre disposition. Dés les premiers instants, nous nous rendîmes compte de la quantité importante de travail à réaliser. Il devint rapidement évident que l’équipe de bénévoles du centre est parfaitement organisée. Chaque personne connaissait très bien sa tâche, et tout le monde était parfaitement synchronisé.

Marcello était le chef d’orchestre de ce groupe. Depuis de nombreuses années, Marcello organise cet évènement invariablement tous les samedis matins. Méticuleusement, avec l’aide d’autres membres du centre, il récupère les dons auprès de commerçants bienveillants, et achète divers produits avec les quelques subsides qui lui parviennent sous forme de dons.

Très rapidement nous réalisâmes à quel point le matériel était dans un état rudimentaire. Étant donné les moyens limités dont l’équipe dispose, tout est récupéré, entretenu du mieux possible, réparé, retapé. Une personne sur place est même chargée spécialement des casses et des réparations de fortune. La vétusté du matériel pour découper les légumes rallonge considérablement le temps de préparation, car tout ou presque est fait à la main ou à la presse à découpe manuelle.

Il fut rapidement évident que nous n’étions pas du tout entraînés pour ce travail. Dans la bonne humeur, les cloques, les coupures et autres petits bleus commençaient à faire leur apparition parmi les membres de notre petit groupe.

Plusieurs personnes en cuisine épluchaient intensivement l’énorme quantité de légumes à préparer, puis les apportaient dans la cour pour qu’un autre groupe les découpe à l’aide des presses. Pendant ce temps, d’autres bénévoles s’occupaient des marmites, et d’autres encore triaient le pain et les victuailles à distribuer.

Vers 9 h 30, les ingrédients de la soupe composée de légumes, sauce, épices diverses, vermicelle et viande, commençaient à mijoter dans de grandes marmites. Après l’étape de préparation, nous fîmes une petite pause café durant laquelle furent servis un délicieux gâteau fait maison et du café en abondance. Au cours de cette pause, Marcello nous expliqua la suite du programme.

Nous nous mîmes à confectionner des petits sacs à distribuer qui devaient contenir quelques denrées diverses telles que quelques morceaux de pain, des biscuits et parfois un ou deux légumes entiers. Ces sacs seraient ensuite distribués avec la soupe en complément.

Peu de temps après, aux environs de 10 h 30, quelques personnes arrivèrent devant la porte du centre,car elles savaient que les premières marmites de soupe seraient bientôt prêtes. Ce jour-là, une jeune femme vint avec un enfant en bas âge. Nous lui remîmes un petit sac de victuailles, et quelques vêtements qui étaient stockés dans la remise.

Marcello nous expliqua qu’avant d’aller distribuer la soupe, nous devions la déguster. Ce petit rituel invariable était une façon de partager pleinement le fruit de notre travail avec ceux qui allaient le recevoir. Ainsi, nous nous assîmes tous autour d’une grande table et nous mangeâmes cette soupe délicieuse qui avait été préparée avec tant d’amour.

D’autres personnes se pressaient déjà devant la porte du local pour recevoir un bol de soupe et un sac de victuailles. Trois enfants dans le dénuement le plus complet qui venaient demander de la nourriture nous touchèrent profondément.

Nous fûmes frappés par le respect profond et la dignité que les membres du centre démontraient à l’égard de ces personnes démunies. Tout était amour et désintéressement. Un des bénévoles me dit alors : « Nous ne sommes pas là ce matin pour leur donner l’Évangile, mais pour l’accomplir… » On ne pouvait donner une meilleure définition à ces actes de charité.

Vers 11 h 30, toutes les marmites de soupe étaient prêtes, et il était temps de charger les véhicules pour nous rendre aux points de distribution dans le cœur des favelas. Avant de partir, nous fîmes une petite lecture d’un chapitre de Source Vive, puis une prière pour les pauvres et aussi pour que nous soyons accompagnés par les bons Esprits au cours de notre distribution.

Nous nous organisâmes en petits groupes, répartis dans plusieurs véhicules, chargés au maximum de sacs de victuailles, de cartons de lait vides qui serviraient de récipient, de petits pains, de légumes et des grosses marmites.

Très habitué au terrain, Marcello, en tête de cortège, nous conduisit dans un dédale de ruelles pour finalement arriver au bout de quelques kilomètres au cœur d’une des favelas en bordure de Belo Horizonte. Sur le moment, tout semblait inhospitalier à nos yeux d’étranger non accoutumé, mais très vite nous fûmes surpris de voir combien Marcello et les véhicules étaient attendus dans la bonne humeur.

Au premier point de distribution, ce fut une sorte de fête. Des gens attendaient avec leurs gamelles, et un sourire de satisfaction. Tout autour de nous régnait une pauvreté sans nom qu’il est difficile de décrire avec des mots. Beaucoup de gens étaient modestement vêtus, certains étaient visiblement malades, mais il régnait beaucoup d’allégresse et de reconnaissance envers nous. Nous étions pour eux le signe qu’ils allaient pouvoir manger à leur faim dans les prochains jours.

Devant chaque véhicule s’organisait une petite file. Certains venaient avec leur gamelle ou des casseroles, pour les remplir de soupe. D’autres n’avaient aucun récipient, alors des petits cartons de lait étaient remplis d’un peu de soupe. Il y a avait là toute sorte de personnes : des enfants, des personnes âgées, des couples, et parfois des jeunes assez bien portants. Dans certains cas, comme Marcello connaissait bien plusieurs individus demeurant dans ces rues, nous allâmes également au domicile de personnes particulièrement faibles pour leur apporter un peu de nourriture.

Le temps était bientôt venu de nous rendre au point de distribution suivant qui allait encore faire reculer les limites du dénuement et de la pauvreté.

Nous arrivâmes dans un quartier où les gens étaient dans une précarité et une insalubrité très grandes. Nous avions la chance d’avoir parmi nous un médecin qui s’occupa d’une personne âgée atteinte d’une conjonctivite très infectée et invalidante. Une autre dame âgée vint vers moi les bras ouverts et en larmes et elle me dit : « Vous êtes la preuve que Dieu existe… merci de venir ici… que Dieu vous bénisse ». Elle me serra dans ses bras et je fus très ému.

Une foule de gens, de nombreux enfants, se précipita pour demander de la nourriture, sans aucune agressivité, avec beaucoup de discipline. Il était évident qu’ils étaient habitués au travail de Marcello qui durait depuis des années. Il fallait parfois faire preuve de fermeté, car poussées par une faim intense, les personnes oubliaient de se comporter dignement. Qui peut se contenir facilement en de telles circonstances ?

Les gamelles se vidèrent peu à peu, et au quatrième et dernier point de distribution, toutes les victuailles et la soupe avaient été distribuées.

Il était temps de rentrer au centre, pour le nettoyage et le débriefing.

Une partie de l’équipe était restée au centre pour le grand nettoyage et nous il ne nous resta qu’à rincer les grandes marmites et à faire un peu de rangement.

Tous les membres de notre groupe de spirites français étaient plongés dans une profonde réflexion. L’expérience avait été riche et profonde, pleine d’enseignements.

Ce matin-là, nous avions distribué l’équivalent de 200 repas environ, et certains de ces récipients seraient pour certains d’entre eux la seule nourriture qu’ils auraient pendant une semaine, jusqu’au samedi suivant.

Marcello nous avoua que la quantité de dons était en déclin. À cause de la crise, de moins en moins de commerçants voulaient aider. Ainsi, pour pouvoir continuer à distribuer cette soupe, ils mettaient souvent de l’argent de leur propre poche.

Je fus stupéfait par la disproportion entre les besoins et le coût de la vie dans cette région. Pour acheter la viande principalement et un complément de légumes pour faire la soupe d’une matinée, il fallait environ 100 réaux, l’équivalent de 30 euros. Les dons des commerçants complétaient cet ensemble. Cent réaux pour donner 200 repas me semblaient si dérisoires si on les compare aux besoins dans notre pays, et au coût d’une telle entreprise si elle était organisée en France.

Nous eûmes alors l’idée de proposer de parrainer ce centre au travers de ce témoignage qui nous l’espérons vous touchera, comme il nous a touchés lors de cette rencontre.

Nous vous encourageons à donner dans la mesure de vos moyens. Pour cela, vous pouvez utiliser le système très pratique que nous avons mis en place ci-dessous via PayPal. Vous pouvez y effectuer votre don directement et anonymement.

Ces dons serviront non seulement pour financer la distribution de soupe aux pauvres, mais également pour les autres activités de charité du centre, principalement auprès des enfants défavorisés du quartier environnant.

 

Nous vous remercions, de la part du Conseil d’Administration du Conseil Spirite Français, pour votre participation à cette action en faveur des plus démunis.

Bien fraternellement,

Le Conseil d’Administration

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